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Meriem

Meriem - La femme du jardinier

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  Mostaganem, 1842. Meriem, seize ans, fille du vent et de la mer, rencontre Jacques, un jardinier français venu de Montélimar. Leur amour défie les frontières, les langues et les regards. Ensemble, ils bâtissent un foyer dans une petite maison battue par le vent. Trois enfants naissent. Puis Jacques meurt, la laissant seule, enceinte du quatrième. Chassée de leur maison, Meriem part pour Mascara, puis pour Alger. Elle y rencontrera un autre Jacques, le boucher, et refera sa vie. Inspiré d’une histoire vraie, ce roman retrace le destin bouleversant d’une femme libre avant l’heure — fille du vent, mère des deux rives. 📜 Sommaire du récit Le vent de Matamore — La rencontre Mostaganem, 1842. Une jeune fille berbère croise le chemin d’un jardinier français. La maison du vent — L’amour et le foyer Dans la petite baraque du plateau, naissent les premiers enfants. La route de Mascara — La fuite Après la mort de Jacques, Meriem quitte Mostaganem avec ses enfants...

Les femmes de mon histoire : Jeanne mon arrière grand-mère (1890-1988)

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  Croire pour tenir Elle s’appelait Jeanne. C’est par elle que tout a commencé. C’est elle que j’ai voulu connaître en premier, en ouvrant mon arbre généalogique. Comme si, derrière son nom, se cachait quelque chose que je devais comprendre. Jeanne est née en 1890, à Soindres, dans les Yvelines. Elle est l’aînée. Après elle, une sœur. Puis un frère. Une enfance simple, dans une famille modeste. Un père employé maçon. Une mère sans profession. Mais sa mère portait un secret. Un secret trop lourd pour être dit. Avant Jeanne, il y avait eu d’autres enfants. Quatre. Abandonnés. À la place, une autre histoire. Un premier mari. Un enfant. Morts à la guerre. Je ne peux pas confirmer ce que Jeanne savait vraiment. Mais les silences ne disparaissent jamais complètement. Ils traversent les générations autrement. 👧 Grandir trop vite Jeanne grandit entre Soindres et Mantes-la-Jolie. Elle va à l’école, sans doute. Comme toutes les enfants de son époque. Mais l’enfance ...

Les femmes de mon histoire - ma grand-mère maternelle Suzanne (1910-2007)

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  Une femme marquée par la vie Quand j’étais enfant, je ne comprenais pas ma grand-mère. Je la trouvais dure, injuste, souvent en colère. Il m’a fallu du temps pour comprendre d’où venait cette dureté. Pour comprendre Suzanne, il faut remonter à son histoire.   Suzanne naît en 1920 à Vaux-sur-Seine , dans une famille modeste. Son père est menuisier à son compte dans le village. Elle grandit au sein d’une fratrie nombreuse, avec des écarts d’âge importants. Son frère aîné a 11 ans de plus qu’elle, sa sœur aînée 9 ans. Après elle naissent encore plusieurs frères, plus jeunes de 5 à 7 ans. Suzanne arrive tard dans cette famille, presque comme une enfant à part. Elle garde toute sa vie le sentiment d’avoir été mise à l’écart. Sa sœur aînée et son frère aîné sont très proches, font les quatre cents coups ensemble, partagent une complicité dont elle est exclue. Cette blessure ne la quittera jamais. D’autant plus que sa sœur mènera une vie à l’opposé de la sienne : une vi...

Les femmes de mon histoire - Ma mère

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🌸 Ma mère Marie-Jo, devenue Marie Quand je pense à ma mère, je ne pense pas d’abord à une date ou à un lieu. Je vois une femme élégante, toujours bien habillée, avec de la musique dans la maison, un tableau en cours sur un chevalet… et un chien jamais très loin d’elle. Il y a toujours un bouquet posé au milieu de la table. Toujours. Et la musique ne s’arrête jamais. 👶 Marie-Jo Elle naît en octobre 1944, à Rosny-sur-Seine , dans les derniers mois de la guerre. Dans sa famille, on l’appelle Marie-Jo . Plus tard, elle deviendra Marie . Deux prénoms, comme deux vies. Son enfance commence par une rupture. Ses parents se séparent alors qu’elle a quatre ou cinq ans. Son père part avec sa sœur aînée. Elle reste avec sa mère, enceinte d’un autre enfant qui ne sera jamais reconnu et confié à sa grand-mère. Très tôt, les liens se défont. Elle grandit d’abord du côté de Mantes, puis très vite à Paris , dans le quinzième arrondissement. La vie est modeste. Sa mère travaille beauc...

Joséphine - Chapitre 8 — Sous le soleil de Mustapha

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Les années passèrent, légères et dorées comme la poussière qui flottait dans les rues de Mustapha . La petite maison blanche de Joséphine et Jean dominait la mer. Chaque matin, le soleil s’y glissait sans frapper, inondant la pièce d’une clarté chaude. Les volets s’ouvraient sur un jardin minuscule où poussaient des géraniums, quelques vignes maigres et un citronnier tordu. Les deux fillettes grandirent là, sous le regard aimant de leurs parents. Eugénie , l’aînée, fine et sérieuse, portait déjà dans ses yeux clairs quelque chose de sa mère : la douceur mêlée à une certaine mélancolie. Joséphine , sa cadette, vive, rieuse, plus téméraire, courait toujours pieds nus sur les dalles brûlantes, les cheveux emmêlés par le vent du large. Le matin, on les voyait descendre jusqu’à la fontaine avec un seau chacune, bavardant, riant, se disputant pour un rien. Les voisins les appelaient “ les petites d’Alsace ”, parce que leur père, dans un mélange de fierté et de nostalgie, racontait so...

Marie - Chapitre VIII — Le fils

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 Septembre 1875 La chaleur d’été n’en finit pas. Dans l’arrière-boutique, on a posé une bassine d’eau et des draps propres. La sage-femme du quartier arrive avec un panier de linge plié. — Respirez, maintenant. Voilà. J’y suis. Ça vient. — Jean , halète Marie. — Je suis là , dit-il, blême et transpirant. Tu peux me broyer la main, vas-y. — Ferme la boutique , souffle-t-elle. — C’est déjà fait. Un cri neuf fend l’air, franc comme une lame qui trouve son chemin. — C’est un garçon , sourit la sage-femme. Un beau garçon. Elle pose l’enfant contre la peau de Marie. La tête ronde cherche, trouve. — Il va vivre, celui-là , souffle Jean, comme une prière. Il va vivre. — Comment on l’appelle ? Marie regarde la fenêtre, le rectangle de ciel, la poussière qui danse. — Étienne , dit-elle. Pour marcher. Pour tenir debout. — Étienne , répète Jean, heureux comme un enfant. Les jours suivants, la boutique sent le vin, les tonneaux, et le lait. Marie apprend la fatigue heureuse qui e...

Marie - Chapitre IX — La chute et la mer

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  1877 L’hiver a laissé des dettes. Les clients paient en retard, les tonneaux ont tourné, et un mauvais lot de vin gâte les affaires. Les chiffres s’empilent sur les colonnes du registre, rouges au lieu d’être noirs. — On peut encore tenir jusqu’à la Saint-Jean , dit Jean, sans y croire. — On pourrait vendre l’arrière-salle , propose Marie. — Et on couche où ? Sur les tonneaux ? Ils rient tristement. Une lettre du tribunal claque comme une gifle : faillite . Jean s’assied, le dos contre la porte, et regarde Étienne qui pousse une charrette en bois de fortune. — Je n’ai pas su , murmure-t-il. — Tu as essayé , dit Marie. C’est déjà beaucoup. Le soir même, un voisin entre sans frapper. C’est le coiffeur de la rue Lafayette, celui qui signe sur les papiers quand il faut un nom. Il parle bas. — Il y a des départs, vous savez. Des familles qui s’embarquent. Pour l’Algérie. On dit qu’on y recommence tout. — Tout recommencer ? répète Jean. — On n’a plus rien à perdre , répon...

🌾 Les silences de Marie

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  🌾 Les silences de Marie Roman historique inspiré de faits réels « On ne part pas pour fuir. On part pour ne pas mourir là où l’on n’a plus rien à espérer. » Dans les collines du Tarn, au milieu du XIXᵉ siècle, naît Marie, fille de cultivateurs et cinquième d’une fratrie de neuf enfants. Lorsque sa sœur Joséphine meurt à dix-huit ans, Marie comprend qu’elle ne veut pas subir le même destin : vivre et mourir dans la même terre. Elle quitte tout pour Marseille — la ville du vent, du sel et des promesses. Cuisinière dans une maison bourgeoise du cours Lieutaud, elle découvre la liberté… et l’amour interdit d’un artisan marié. De cette relation naît un secret qu’elle devra cacher jusqu’à l’exil : une grossesse, un mariage de convenance, un enfant confié à une nourrice, un deuil muet. Mais la vie de Marie ne s’arrête pas là. À travers la honte, la perte et le courage, elle trace sa route, élève son fils et, des années plus tard, embarque vers l’Algérie — non pour fuir, mais pou...